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Linky, PME-PMI, SAPHIR
Facture et contrats

Linky, PME-PMI, SAPHIR : quel compteur électrique pour votre entreprise ?

Facture et contrats Par Olivier Tanguy Mis à jour le 26 octobre 2026 6 min de lecture

Choisir un compteur électrique pour une entreprise revient à croiser trois données : la puissance souscrite, le profil de consommation réel et le niveau de raccordement. Un commerce avec quelques équipements n’a pas les mêmes besoins qu’un atelier en triphasé, une PME industrielle ou un site raccordé en HTA. Le bon réglage évite les coupures, les dépassements facturés et l’abonnement trop élevé.

Le compteur dépend d’abord de la puissance souscrite

La puissance souscrite correspond à la puissance maximale que l’entreprise peut appeler en même temps. Elle guide le type de compteur installé, le profil de facturation et la manière dont les dépassements sont gérés. Pour les petits professionnels, Linky couvre généralement les puissances de 3 à 36 kVA, en monophasé ou en triphasé selon l’installation.

Compteur electrique entreprise : comparaison visuelle des profils C5 à C1 et des compteurs Linky, PME-PMI, SAPHIR et ICE
Compteur electrique entreprise : comparaison visuelle des profils C5 à C1 et des compteurs Linky, PME-PMI, SAPHIR et ICE

Au-delà de 36 kVA, les besoins deviennent plus techniques. On passe souvent à un compteur PME-PMI ou à un équipement adapté aux sites raccordés en moyenne tension. Le niveau de tension complète la lecture de la puissance, car il détermine le matériel de comptage et le suivi possible. Les profils C5, C4, C3, C2 et C1 classent les sites selon leur puissance et leur niveau de tension, avec des règles de relève et de facturation différentes.

Profil Repère de puissance Compteur fréquent Entreprise concernée
C5 ≤ 36 kVA Linky Boutique, bureau, petit restaurant, cabinet
C4 36 à 250 kVA PME-PMI Atelier, supérette, petite industrie
C3 250 à 10 000 kVA PME-PMI ou équipement HTA Site industriel, grand bâtiment tertiaire
C2 et C1 10 000 à 40 000 kVA et > 40 000 kVA Comptage haute puissance Très gros consommateurs

Linky, PME-PMI, SAPHIR, ICE : ce qui change vraiment

Linky pour les petites puissances

Le compteur Linky convient aux entreprises dont la puissance ne dépasse pas 36 kVA. En monophasé, il répond souvent aux besoins modestes, jusqu’à 12 kVA. Le triphasé devient utile quand les équipements demandent une meilleure répartition de la puissance, souvent au-delà de 15 kVA ou avec des machines professionnelles.

Son atout principal est la relève communicante. Les index remontent à distance, ce qui facilite une facturation sur consommation réelle et limite les estimations. En cas de dépassement de puissance, Linky disjoncte. L’entreprise doit alors réduire sa charge avant de réarmer.

PME-PMI et SAPHIR pour les sites plus consommateurs

Le compteur PME-PMI couvre les puissances de 36 à 1 250 kVA. Contrairement à Linky, il peut tolérer un dépassement de puissance, mais celui-ci est mesuré puis facturé. Il permet aussi un suivi plus fin, avec des postes horosaisonniers et, selon les cas, jusqu’à 5 postes et 4 à 5 prix du kWh différenciés selon les périodes.

Le compteur SAPHIR vise les sites raccordés en HTA. Il mesure notamment l’énergie réactive, un point important pour les installations avec moteurs, transformateurs ou équipements industriels. Une énergie réactive mal maîtrisée peut générer des coûts supplémentaires. Elle se corrige généralement avec des dispositifs de compensation adaptés.

Et le compteur ICE ?

Le compteur ICE existe encore sur certains sites, mais il n’est plus installé ni renouvelé. Si votre entreprise en possède un, l’enjeu n’est donc pas de le choisir, mais d’anticiper son remplacement lors d’une évolution de raccordement, d’un changement contractuel ou d’une modernisation du comptage.

Lire les données utiles pour piloter la facture

Un compteur professionnel ne sert pas seulement à facturer. Il donne aussi une lecture des moments où l’entreprise consomme le plus. Les informations à surveiller sont les index d’énergie, la puissance appelée, la puissance maximale atteinte et, lorsque le compteur le permet, la courbe de charge. Selon les équipements, les données peuvent être relevées à la demi-heure ou par tranches de 10 minutes.

La courbe de charge aide à distinguer un vrai besoin de puissance d’un pic ponctuel. Une boulangerie peut concentrer une forte demande au démarrage des fours, tandis qu’un atelier crée un pic lorsque plusieurs machines démarrent en même temps. Sans cette lecture, on augmente parfois trop vite la puissance souscrite alors qu’un simple décalage des usages suffit.

La consommation se lit aussi dans le temps. Ouverture, préchauffage, production, pause, nettoyage, fermeture, chaque moment laisse une trace. En plaçant les usages les plus énergivores au bon endroit dans la journée, l’entreprise repère les chevauchements inutiles : chauffage et ventilation à pleine charge avant l’arrivée des équipes, recharge de véhicules pendant une pointe de production, compresseur lancé en même temps qu’une machine principale.

Dépassements de puissance : coupure ou facturation

Le dépassement n’a pas les mêmes conséquences selon le compteur. Avec Linky, le dépassement de la puissance souscrite entraîne une disjonction. C’est protecteur pour le contrat, mais risqué pour l’exploitation si l’arrêt coupe une caisse, une chambre froide, un serveur ou une machine en cours de cycle.

Compteurs électriques fixés sur un mur couvert de graffitis, infrastructure de distribution visible

Avec un compteur PME-PMI, le dépassement est généralement toléré puis facturé. Cela évite une interruption immédiate, mais des dépassements répétés signalent un mauvais dimensionnement. Il faut alors arbitrer entre deux coûts : payer ponctuellement des dépassements ou augmenter la puissance souscrite, ce qui renchérit la part fixe. Sur un site avec activité continue, un seul arrêt peut aussi perturber toute la chaîne de production.

Le bon réflexe consiste à analyser les pics sur plusieurs semaines, sur une période représentative de l’activité. Si les dépassements apparaissent seulement dans des situations exceptionnelles, une réorganisation peut suffire. S’ils reviennent chaque jour sur les mêmes plages horaires, une modification de puissance devient plus rationnelle.

Mise en service et ajustement : les démarches à prévoir

La mise en service d’un compteur électrique professionnel passe généralement par le fournisseur d’électricité, qui transmet la demande au gestionnaire de réseau Enedis lorsque le site dépend de son périmètre. Pour un compteur Linky, l’opération peut souvent se faire à distance. Pour les profils C4, C3, C2 ou C1, l’intervention est plus encadrée et dépend du raccordement, du contrat et de la disponibilité technique du site. Sur ce sujet précis, voir « Compteur communicant en entreprise ».

Les délais varient selon la situation. Certaines interventions sont traitées en 2 jours ouvrés, tandis qu’une mise en service standard peut demander 5 jours ouvrés, voire 10 jours ouvrés dans des cas plus complexes. Les tarifs Enedis dépendent aussi du type d’opération, avec des montants allant de 1,80 € TTC à 297,72 € TTC selon le service demandé.

Avant de demander une ouverture, une augmentation ou une baisse de puissance, rassemblez les éléments clés : puissance actuelle, puissance maximale appelée, équipements principaux, horaires de fonctionnement, contraintes de continuité d’activité et éventuels projets d’extension. Cette préparation aide à choisir un compteur électrique entreprise cohérent avec l’usage réel, plutôt qu’un réglage décidé dans l’urgence après une coupure ou une facture trop élevée.